Kazakhstan...

Publié le par Matthieu & Annaïg

L’entree au Kazakhstan s’est aussi passee sans encombre, non sans avoir quand meme franchi la riviere en crue sur un bac de fortune qui nous permettait d’acceder au poste de douane Kazakh (une bonne entree en matiere).

 

Le passage de la frontiere marque un radical changement paysager avec la decouverte des immense steppes ponctuees ca et la de petits villages aux maisons de terre aux toits plats. Les premiers chameaux font aussi leur apparition ainsi que les grands troupeaux de chevaux en liberte dans la steppe.

 

La liaison jusqu'à Atyrau en longeant le nord de la mer Caspienne nous a fait transiter par des zones d’altitudes négatives, moins trente metres en moyenne… etonnant !!

Les fortes pluies et les inondations qui ont aussi touche l’ouest du Kazakhstan et les steppes du nord de la Mer Caspienne ont créé de nombreuses lagunes remplies d’oiseaux avec des milliers de Glareoles a ailes noires, Guifettes leucopteres et des bandes de centaines de Phalaropes a bec etroit !!

 

 

 

Et enormement d’autres especes tres nombreuses: Chevaliers bargettes, Tadornes casarca, Pygargues abondants, Goélands ichtyaètes, Bergeronnettes citrines + printanières (lutea et thunbergii surtout), Vanneaux sociables, et très étonnant des Pluviers fauves (on s’attendait pas à en voir ici), et pas mal de passereaux comme ce Bruant ortolan…

 

La Mer Caspienne avait quelque peu monte de niveau, sans, semble-t-il que les pecheurs locaux s’y soient prepares, plusieurs side-car en etaient les temoins.

 

On a rejoint la ville d’Atyrau ou nous avons franchi le fleuve Oural, nous permettant ainsi de passer de l’Europe à l’Asie (c’est indique sur le panneau a l’entree du pont) : comment passer d’un continent a un autre par un simple pont !!

 

 

Les paysages au nord d’Atyrau sont magnifiques avec des etendues de steppes a perte de vue procurant de magiques couches de soleil et de superbes lumieres.

 

Une seule ombre au tableau, et de taille pour notre bon vieux Merco, l’etat de la route. On avait pourtant ete prevenus et on s’attendait au pire, mais les fortes pluies avaient encore plus ravage le reste de route. Resultat, une route defoncee avec des ornieres gigantesques, des trous, de la boue… Les ornieres des camions (il y a meme des ornieres dans ce qui reste de goudron) sont tellement profondes que ca touche regulierement : tout ca eprouve les suspensions du camion ! La protection du carter s’averera ici salvatrice vu l’etat dans lequel elle en est ressortie. On avance a une moyenne de 30 km/h sur un troncon equivalent a la distance Poitiers-Toulouse, imaginez un peu !!! La route ou ce qu’il en reste est regulierment doublee par une piste rendue encore plus pourrie a cause des precipitations. On comprend vite pourquoi on est presque les seuls sur cette route.

La photo ci-dessous illustre les meilleurs passages de la route.

 

 

 

Mais tout ca ne nous empeche pas de regarder le paysage et d’en profiter pleinement.

Aucune monotonie dans les immensites de steppes qui par la magie de la pluie se sont recouvertes d’immenses tapis fleuris.

 

Sur une portion de pres de 150 km, la steppe etait recouverte de tulipes sauvages de toutes les couleurs sur des milliers d’hectares (a faire palir un horticulteur Hollandais).

 

Cote ornithologique, les aternances de steppes herbeuses, de désert et de steppes buissonantes amenent une grande diversite d’espece avec notamment 7 espèces d’Alouettes (on en a deja vue 9 au Kazakhstan) dont l’Alouette negre dont le vol nuptial des males rappelle une noctule en chasse ou un Oceanite de Wilson…

 

…et l’Alouette haussecol (ssp. brandti).

 

4 especes de Traquets dont le Traquet du désert…

 

… et l’omnipresent Traquet isabelle.

 

Un des moments forts fut la decouverte du cadavre d’un jeune poulain autour duquel etaient atables 9 aigles de trois espèces : 1 Aigle imperial, 3 Aigles criards et 5 Aigles des steppes. Tous ces oiseaux se disputant la carcasse a grand renfort de coups de becs, génial !

 

 

Autour des villes et villages (mais parfois tres loin des agglomerations) la steppe est paturee par des troupeaux de chevaux, de vaches et de moutons et chevres gardes par des bergers a cheval.

 

Quelques-uns semblent utiliser le chameau comme monture et animal de bat.

 

La route qui nous redescendait vers Shalqar nous a apporte quelques surprises comme ces zones humides en pleine steppe, veritables oasis pour les oiseaux en migration avec les buissons et roselieres litteralement bondes de passereaux (principalement des Rousserolles isabelles et des buissons, mais quelques verderolles, des Pouillot verdatres et de Siberie et quelques fitis (acredula)). Ce fut l’occasion de noter les premieres hypolais bottees, Pies-grieches isabelles et les premiers Bruants a tete rousse qui s’avereront apres etre tres communs.

 

 

 

La route passe par un petit col montagneux avec des vallees humides aux bois de bouleaux et saules dans un environnement mineral assez contrastant.

 

Les transitions paysageres sont souvent radicales, on passe rapidement de la steppe au désert.

 

Autre etonnement geographique dans cette partie du pays : les nombreuses rivieres qui n’atteignent jamais de mer ou de lac et qui meurent dans la steppe comme elles y sont nees, parfois sur quelques kilometres seulement. Il ne s’agit pas d’oued comme en Afrique du nord, mais bien de rivieres avec des vallees, des rypisylves… Les ponts qui les traversent sont l’occasion d’oberver des Etourneaux roselins et des Faucons crecerellettes qui y nichent.

 

On a aussi l’occasion d’observer de nombreuses especes de mammiferes comme ces Gerbilles geantes

 

… plusieurs especes de spermophiles (nos sousliks de Roumanie et d’Ukraine) et de marmottes…

 

 

…et des plus grosses comme les Renards corsacs, Chacals dores ou encore ces Lievres de Tolay.

 

La route est vraiment pourrie et de plus en plus humide, mais on reste zen.

 

Les derniers 100 km qui nous separent de Shalqar sont tres boueux et apres deux tetes a queues etonnants a la vitesse ou l’on progresse, force est de constater que la suspension en a pris un coup. L’inspection a Shalqar revelera la casse nette de la lame maitresse d’amortisseur arriere droit. Cette pseudo galere s’est vite averee interessante… comment un probleme mecanique se transforme en une riche experience humaine. Nous avons ete pris en charge par un gars qui nous a emmene a un garage. N’arrivant pas a faire comprendre au garagiste que l’on voulait juste acheter une lame de meme rigidite, longueur et largeur et qu’on la monterait nous meme, la voisine a appelle sa fille au telephone, cette derniere etant la seule a parler anglais…Attroupement autour du camion, palabres, jusqu'à ce qu’un homme d’une gentillesse incroyable nous emmene chez le ferrailleur du coin chez qui on a enfin pu trouver la fameuse lame (une de petit camion KAMAZ).  Nos nouveaux copains nous ont retaille et perce la fameuse lame a grand renfort de baguette de soudure (hey oui les lames d’amortisseurs ne se percent pas à la chignole et ne se coupent pas à la scie ;-))). Par prudence, on prend une lame de secours, au cas ou !! L’occas. aussi de poser pour la photo devant la fameuse lame (les kazakhs adorent se faire prendre en photo !!!).

 

On quitte Shalqar et nos sauveurs avec une lame remontee au bord du Lac de Shalqar, tres riche en oiseaux, notamment en Larides (des centaines) avec des Goelands pontiques, de Baraba et d’Heuglin plus quelques Ichtyaetes et de nombreuses sternes de 5 espèces.

 

On redescend ensuite vers Aral avec la surprise (on ne savait plus que ca existait ;-)) de trouver une belle route goudronnee.

La ville d’Aral n’a plus que le nom de la Mer , car d’un des plus gros ports de cette mer qui se meurt il ne reste dans la ville d’Aral que des docks en ruine aux grues rouillees et aux carcasses de bateaux qui pourrissent sur le sable aux pieds des quais. Triste constat de cette mer qui disparait a cause de l’agriculture intensive Russe et du productivisme qui ont detourne les cours du Syr Daria et de l’Amou Daria pour irriguer d’immenses cultures de coton.

 

On quitte Aral, dont les policiers ont une tres mauvaise reputation (c’est meme indique dans notre Lonely Planet) apres s’etre fait arreter deux fois par des flics souriants et sympas dont le premier a eclate de rire avec un sourire Kazakh gigantesque quand on lui a dit qu’on voulait aller voir la mer à l’ouest d’Aral : Niet more, niet (pas de mer, non) !!!

On s’est pose au bord d’un immense lac sale, berces par le chant de grillons (qui ressemblent a nos Oecanthus) avec une sonorite metallique de reveil. Le sel y est exploite, on aura une petite pensee pour les copains Paludiers et Sauniers (Gilles, Jean-No, Laurent…) a qui on ramenera quelques echantillons de ce fameux sel.

 

Frustres de ne pas voir la mer d’Aral, ou au moins la petite Aral (la mer s’est separee en deux avec l’assechement), on decide d’essayer de la rejoindre en empruntant la route qui longe le magnifique lac de Qamystybas aux eaux turquoises et aux pecheurs tres sympas qui se deplacent en side.

 

 

On en profite pour faire un nettoyage du camion et une bonne tournee de linge, donnant d’un coup a notre campement un petit air manouche.

 

L’occasion aussi le lendemain d’etre invites dans une famille Kazakh dont on avait depanne le side en panne sur une piste qui bordait le Lac.

 

Apres s’etre assure que la piste etait praticable, on a parcouru les 80 km de tole ondulee et de sable pour arriver au bord de la mer, la petite Aral. Une digue de 12 km edifiee avec l’aide de fonds internationaux a permis a la petite Aral de remonter de niveau (la digue separe la Petite de la Grande Aral ). L’arrivee en soiree nous procure un superbe couche de soleil sur les nombreux chevaux paturant dans les prairies humides du bord d’Aral.

 

Le bord de la Mer est tres riche avec d’inombrable colonies d’oiseaux (les deux Pelicans, les deux Glareoles, larides…) et de tres nombreux guepiers des deux especes, mais c’est majoritairement le Guepier de Perse que l’on observe depuis la ville d’Aral.

 

De nombreux pecheurs s’afferent sur les bords de la mer remontant pas mal de poisson. On se fera offrir deux beaux Sandres par des pecheurs (peche devant nous sur la Grande Mer , et oui, nous sommes arrives juste sur le barrage separant les deux Mers !!) que l’on degustera le soir au feu de bois accompagne d’un bon petit Muscadet sur lie… le bonheur !!

 

 

Le retour fut un peu plus cahotique puisque se fut maintenant au tour de deux lames arrieres gauche de ceder. Reparation sur le bord de la route avec notre lame de secours mais provisoire, il nous faudra trouver encore une autre lame. Hey, Francisco, tu vois, ton triangle aura meme servi au Kazakhstan ;-)) !!

 

On descend prudemment vers la ville de Qazaly pour trouver des lames de rechanges. La route nous fait traverser quelques zones de prairies humides halophiles paturees par des vaches (une pensee pour Freddy, ici c'est du mega super extensif)…

 

…dans lesquelles nichent de nombreux limicoles, dont une belle colonie de Vanneaux a queue blanche.

 

Et aussi encore quelques Aigles des steppes. On a hallucine sur la densite de cette espece et de Buses feroces un peu plus au nord, avec des oiseaux poses aux bords des routes, comme nos buses chez nous.

 

 

Une fois a Qazaly, alors qu’on commencait a arpenter la ville pour trouver un garage, une voiture nous klaxonne, fait des appels de phares et nous double. Un flic avec un sourire gigantesque : il s’agit en fait du policier qui nous avait arrete a Aral (150 km plus au nord) et qui nous ayant reconnu nous arretait pour nous saluer, on hallucine !! C’est en fait la providence car il nous emmenera chez un garagiste, puis ira chercher chez elle une institutrice qui parle Français afin qu’elle traduise. Resultat on se retrouve chez une sorte de ferrailleur super sympa qui nous remontera deux nouvelles lames en provenance d’un bus TATA, pendant qu’Annaig visite l’ecole avec notre institutrice. Trop forts et sympas ces Kazakhs !!

 

Merci monsieur le policier !!

 

Maintenant nous redescendons tranquillement vers Turkestan, en longeant le Syr Daria aux vertes vallees sur une route traversee par quelques tortues (dont on vous epargnera le nom scientifique car on ne connaît que celui-la) et des passages a niveaux aux trains colores.

 

 

On a encore des surprises ornithos avec l’observation de Pies-grieches a longue queue et de nouveau de la Fauvette de Menetries, et bien d’autres encore et a venir…

 

Et, on a un scoop, on a retrouve un des chanteurs des Bee-Gee’s qui se planque incognito dans la steppe Kazakh ;-)))

 

Remarque : on a abandonne les accents que les claviers cyrilliques on du mal a avaler et retranscrire. La lecture sera un peu plus difficile. Sinon desole pour le delai d'actualisation du blog, on est en ce moment a Almaty, on a pas pu le faire avant faute de connexion suffisemment rapides (en rapide on ici on est au niveau du non ADSL chez nous !!!).

Publié dans temujin

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Minik et Dom 07/02/2011 10:19



Votre blog est magnifique, allier ornithologie et aventure camionnesque fait que vos histoires sont à regarder. Je suis tombé sur vous en cherchant le nom d'un traquet rencontré au sud du Maroc.
Il se trouve dans mon article du jour. Sans doute m'en direz vous d'avantage.


minik.artblog.fr



Romain & Flo 01/06/2007 17:35

Juste un petit Coucou rapide du bureau... MA GNI FIQUE ce blog, bravo à vous 2, régalez nous encore !!! Biz A+

Phil & Elise 30/05/2007 22:16


Hello les Aminches.

ça me rappelle des putains de bons souvenirs ces steppes kazakhes. Nous, fin mai, c'était des coquelicots sur des centaines d'hectares (pas de tulipes, hélas).

Sinon, votre pie-grièche isabelle, grise comme elle est sur le dessus, c'est une "karelini". Et la vache couchée ce n 'est pas une maraîchine, mais une kalmyk (ou assimilée) race typique d'Asie centrale.

Bon, ménagez-vous les amis, nous on a le nabot hongrois pour nous occuper.

bises

Phil & elise

Alastair Rae 30/05/2007 10:43

It was very good to meet you both at the observatory above Almaty. (Ann and I were with the Sunbird party).I will follow your blog with interest and wish you all the best for your wonderful journey.

Jean-Philippe SIBLET 25/05/2007 22:07

Bon, disons le tout net : ça fait mal !
Je suis vraiment impressionné par la qualité des photos.
Par contre, s'il y a encore des râleurs qui se plaignent de l'état de nos routes après ça !
Vivement la suite
JPS