Bouriatie, Lac Baikal et Siberie...

Publié le par Matthieu & Annaïg

Bayarta Mongolia et passage de frontiere…

Nous passons une derniere soiree dans la capitale Mongole avec les copains. Nous chargeons la yourte dans le camion ou il ne nous reste maintenant plus beaucoup de place. Cette yourte, notre maison, commandee et achetee avant l’accident etait une autre raison valable pour revenir en France avec notre merco de guingois. Nous dormons donc sur une couche de plus de 40 cm de feutre, le reste de la yourte reparti equitablement dans et sur le camion…

Nous quittons Ulan Bator plus tard que prevu, initialement nous devions partir le samedi mais le fameux certificat obligatoire du ministere pour la sortie du territoire du chien n’etait pas prêt a temps (bureaux fermes a l’heure du RDV). Grace aux relations d’un ami Mongol, on fait revenir la fonctionnaire du service veterinaire a son bureau le samedi soir a 21h00 !!! D’apres elle sans ce papier tres important le chien ne passe pas la frontiere.

Nous partons donc de bonne heure le dimanche matin pour une liaison de 550 km vers la frrontiere Russe. La route est belle (que du goudron, la seule portion que nous emprunterons dans ce pays), nous observerons de nombreux Faucons de l’amour souvent perches sur les fils electriques…

 

…de tres gros rassemblements de Grues demoiselles, et nos dernieres Buses de Chine…
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Un point nous tracasse cependant, nous n’avons pas assez de liquide sur nous pour le passage de frontiere (Assurance Russe obligatoire et taxes douanieres) et aucun des DAB des deux grandes villes traversees ne fonctionne ; de plus, manque de bol le dernier DAB avale la carte de Matthieu sans raison valable (c’est semble t-il monnaie courante en Mongolie), la carte d’Annaig a atteint son faible plafond de retrait hebdomadaire et ce dimanche toutes les banques sont fermees. Tout ca sent la galere a plein nez !!
Nous arrivons a la douane Mongole, ou nous attendons patiemment notre tour, mais apres que plusieurs voitures et camions soient rentres en grillant la file d’attente, Annaig nous joue un coup de caractere et les douaniers nous laissent passer devant a notre tour. On precise dans le bureau que nous avons un chien, mais dans l’indifference totale, on nous laisse partir, la douaniere qui rentre dans le camion pour l’inspection ne remarquant meme pas Gobi qui dort a l’arriere. Au portail suivant, la tension monte devant la douane Russe… au moment de la declaration douaniere, tout contents d’avoir tous nos papiers et certificats de dedouanement, nous marquons notre yourte dans la liste des bagages… erreur !!! Nous sentons qu’il y a un probleme, on nous balade de bureaux en bureaux, nous poirautons 3 plombes pour qu’on nous annonce que nous devons payer plus de 680 euros de taxes pour la yourte, soit plus cher que le prix de la yourte elle-meme et plus cher que son expedition par container. Devant nos mines deconfites, et notre decision de ne pas vouloir payer, les gars reflechissent, et nous font attendre, encore et encore. Dans notre malheur, nous avons deux chances : nous tombons sur le douanier le plus sympa et comprehensif de Russie et surtout, il est plus de 18h00, la douane ferme ses portes. Le gars dechire notre declaration, nous en fait remplir une autre sans la mention de la yourte, nous fait tout nos papiers sans paiement d’aucune taxes (notamment celles pour la voiture plus l’assurance obligatoire) et il nous laisse partir. Les douaniers qui ouvrent pourtant le camion passent encore une fois a cote du chien !!!
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On part sans demander notre reste, estomaques que ca se soit passe ainsi, sans rien payer et de surcroit sans la fameuse assurance dont nous n’avions pas le montant en liquide sur nous.
Malgre la tension, on profite quand meme de la douane Russe pour admirer un magnifique male de Bruant aureole qui deambule dans les buissons de la douane… hallucinant !!!
 
Bouriatie, Lac Baikal et Siberie…
Nous prenons la route qui remonte vers Ulan-Ude, au sud du Lac Baikal. C’est dans cette ville que nous faisons notre premiere halte Siberienne, au cœur de la Bouriatie. Nous retrouvons Julien et Irina, un couple Franco Bouriate rencontre a Ulan-Bator, et faisons la connaissance de Victor Dashanimaev, ornithologue et professeur a l’universite de sciences naturelles de Bouriatie a Ulan-Ude. Apres quelques courses et surtout suite a un reveil par la milice (10 mecs en treillis noirs, gilets pare-balles, Kalashnikov et intrerrogatoire digne du KGB), nous decidons de quitter Ulan-Ude et son buste de Lenine, le plus grand du monde !!!
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Nous nous posons au bord de la Selenga, qui se jette plus au nord dans le Lac Baikal.
Cette premiere sceance ornitho Siberienne fut hallucinante. La migration post-nuptiale dans cette partie de la Siberie decalle les couettes, c’est TERRIFIANT comme dirait l’ami Nidal. Les buissons et arbustes sont gaves de piafs avec une diversite impressionante.
Enormement de Bruants masqués…
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…des Pouillots bruns par dizaines…
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…des Roselins a longue-queue…
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…Gobemouches de la Taiga et Rougequeues aurore…
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…et beaucoup d’autres especes : Tourterelles orientales (orientalis), Calliopes de Siberie (avec de superbes males), Rossignols de Siberie, Pipits a dos olive, Mesanges azurees, Bruants a calotte blanche, à sourcils jaunes, roux et nains, Pouillots a grands sourcils, de Pallas et de Schwartz… bref du delire, genre le buisson de Kerhuel a Ouessant avec plus de 200 piafs !!!
Tout au long du parcours qui nous rapproche du Baikal, nous observerons de gros groupes de Choucas de Daourie…
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…et des Faucons de l’amour qui chassent les Libellules (tres nombreuses especes) au-dessus de la Selenga…
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Nous rejoignons le Baikal, lac mythique, reve d’enfance des livres d’histoire-geo. Ce lac accueille la plus grande reserve d’eau douce liquide de la planete (20 %), represente a lui seul un plus gros volume d’eau que tous les Lacs des Ameriques reunis, et est profond de 1637 metres…
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Nous passerons quelques jours au bord du Lac, entre le delta de la Selenga et les rives du sud-ouest autour du village de Vidrino.
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Faute de temps (duree du visa oblige), nous abandonnons la possibilite de se joindre a un groupe de chercheurs du Baikal institute d’Istomino et de partir sur le delta de la Selenga pour une viree de 6 heures en bateau. Conscients aussi qu’a cette epoque de l’annee, en dehors de l’indeniable ambiance et aspect paysager, nous ne raterions pas d’especes particulieres.
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Sur le Lac, quelques canards se laissent observer avec quelques bandes de Macreuses brunes de la ssp. steinegerii, Sarcelles a faucilles, Harles bievres…
Et au grand plaisir de Matthieu des groupes de Goelands avec des Goelands de Mongolie (ou apparentes), du Goeland de Siberie (taimyrensis) et Goelands de la Vega…
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…et des Goelands cendres de la ssp. heinei…
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D’une halte a l’autre, en fonction des endroits, les especes rencontrees et leurs abondances varient enormement. Des Pouillots a grands sourcils en pagaille par ci, un vallon plein de Pouillots de Schwartz par la…Et quelques surprises comme une Locustelle fasciee, un Bruant a sourcils jaunes, deux Chevaliers de Siberie…etc
D’Irkouts nous prenons la route vers l’ouest a travers la Taiga et ses paysages magnifiques, d’autant plus que la foret se pare des ses couleurs automnale.
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Nous ferons plusieurs bivouacs dans la Taiga, chacuns apportant de nouvelles observations : Mesange lapone, Gobemouche Mugimaki, Durbec des sapins vraiment commun, Pie-bleue qui cotoie presque les Mesangeais et Cassenoix, Grives de Naumann (eunomus) et de Siberie (les males sont terrifiants) et de nombreuses Grives a gorge noire, Gelinottes tres presentes (a chaque bivouac) et un Martinet epineux…
La Siberie et sa traverse par la route au travers de la Taiga revele ici des notions d’echelles kilometriques un peu hors de nos reperes occidentaux. Il n’est pas dans nos habitudes de voir des panneaux routiers qui indiquent les prochaines grandes villes a 1500, 2300 ou 3550 km de distance, soit plusieurs fois la traversee de la France du nord au sud !!!
Et c’est ici que le challenge imparti par la limite de temps de notre visa prend tout son sens. Nous devons relier la Mongolie a l’Ukraine en moins de 25 jours (19 jours depuis Irkouts), ce qui represente une distance de 6500 km soit environ a vol d’oiseau, la distance qui separe la France de l’Afrique du sud. Tout cela est largement faisable, mais nous avons deja grignote quelques jours au bord du Baikal, et c’est sans compter les plus de 250 km de piste boueuse a parcourir entre Irkouts et Novosibirsk et les eventuels problemes mecaniques.
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Helas pour nous, c’est l’une de nos plus grosse galere mecanique qui nous tombe dessus en plein milieu de la Taiga, heureusement non loin d’un petit village.
Un bruit incroyable vient de la roue avant droite, le camion se met a trembler enormement, et la pedale de frein pompe dans le vide. Aie. Arret immediat. Apres le demontage de la roue avant droite, le verdict tombe : le roulement de roue est mort de chez mort (il faisait du bruit depuis quelques temps). La roue tournait en faisant des huit en vertical, completement voilee, alteriorant le disque de frein et risquant de fausser definitivement celui-ci. On roule a 2 a l’heure jusqu’au village ou l’on demande un garage auto qui n’existe pas. Mais on tombe par chance sur le garage d’entretien et de reparation mecanique de camions d’une grosse entreprise d’exploitation forestiere et de transport forestier. Notre camion est bien petit devant les enormes 6 roues motrices Russes dont un convoi part le lendemain pour ravitailler une mine d’or en Gazoil (trois jours de route en pleine foret).
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On est pris en charge par Piotr, le chef d’atelier adorable, qui malgre ses recherches dans tous ses catalogues en vient a la conclusion qu’aucun vehicule de marques Russes (Lada, Maz, Uaz, Kamaz…) ne possede de roulement de ces dimensions !!! Inutile de dire qu’aucun Mercedes ne roule dans ces coins de Siberie. Piotr nous emmene dans la ville la plus proche ou nous faisons le tour des magasins auto afin de tenter notre chance du cote des marques etrangeres (Toyota, Hyundai…), mais sans succes. Notre ami achete quand meme un roulement de dimension interieure de bonne taille mais de dimension exterieure plus petite (72 mm au lieu de 75). De retour a l’atelier, un des employes, tourneur, nous usine une bague pour adapter ce roulement a notre arbre de roue a partir d’un bon morceau de grosse bague de fer. Il fabrique une deuxieme piece pour compenser l’epaisseur de la rondelle d’etancheite achetee le matin mais pas assez large.
 
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Pendant ce temps, nous sommes accueillis comme des rois, nous mangeons a la cantine de l’entreprise, dormons dans un dortoir au dessus de l’atelier et profitons des douches chaudes du bagnat… Le lendemain, avant de remonter le tout, nous sommes invites a manger chez Piotr, ou sa femme Natacha nous a prepare un repas Siberien Pantagruelique. Nous repartons les bras charges de presents (legumes, confitures et conserves maison, petits chaussons de laine pour Annaig). Malgre notre insistance, nous repartons sans avoir depense un kopek (ce qui est vraiment le cas de le dire ici en Russie), abasourdis de tant de gentillesse !! 
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Ici, chaque maison dispose d’un enorme potager et de caves tres remplies en Legumes et conserves pour pouvoir passer l’hiver long et rude (tres regulierement des temperature en dessous de moins 40° C…). 
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Les Siberiens, malgre leurs visages parfois fermes et austeres, sont des gens adorables et tres chaleureux. Nous avons fait plusieurs jolies rencontres en Siberie, comme Yvan le berger de 80 ans qui menait son troupeau de vaches a cheval… 
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…Ou Andrei le garagiste, chez qui nous nous etions arretes pour faire reparer deux pneus et avec qui nous avons finalement passe un superbe moment a deguster du poisson du Baikal (L’Omul, une espece endemique) et a boire de la vodka…
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Prochaine grande etape : la liaison entre Novosibirsk et la chaine des Monts Oural, ou nous changerons de continent pour passer d’Asie en Europe, et par la meme, dans l’ouest palearctique…

 

Publié dans temujin

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masse ndiaye 17/10/2009 12:38


slt a vous j ai regarder toute vos photos  j ai apprecié mais je voudrai que vous aidez a avoir du travail , je suis jeune 23ans sénégalais , je suis chauffeur poids lours je voudrai  que
vous aidez a avoir du travail  comme chauffeur poids lours ou leger merci , je compte sur votre aide ciao a bientot.


PARENT Jean et Denise 26/09/2007 23:17

Quand la yourte sera installée dans le marais vendeen, il faudra la transformer en chambres d'hote avec menu idoine .
 Toujours aussi epoustouflantes vos aventures , quand je pense qu' à votre age  (enfin plutot à 18 ans)j'avais fait les chateaux de la Loire en mobylette....bref the times are changing...)
On vous attend avec impatience en France (grace à votre nouveau moteur Mercedes soviétique)
Bonnne fin de voyage et une caresse à Gobi
Jean P.

simon 25/09/2007 11:44

super.
Vive le grolleau gris.

pierre 24/09/2007 15:10

quelle bonne idée vous avez eue, vous les vrais aventuriers, de préparer ce gag à l'attention de nous autres quasi sédentaires : des spodocéphales appelés pusilles, c'était effectivement piégeux. Mais l'automne arrivant, le roi des coches et ses poteaux sont en pleine révision de leur guide ornitho, on ne les attrape pas facilement !
enjoy your trip back

Jean-Yves Frémont 22/09/2007 22:44

Salut les vendéens,
Phi-Phi me l'a ôté de la bouche (ou du clavier) : tu sais Mat, le delta de la Selenga, c'est pas mal non plus lors de la migration prénuptiale...et quant-aux Bruants nains, effectivement non...les bruants juv. sibériens, ça n'a rien d'évident, on s'est cassé les dents, comme tu le sais, l'automne dernier en Corée du Sud...mais on finit par y arriver quand même...On en reparlera autour d'un verre de Grolleau gris...
Biz.
JY